Ethnie Banbara
Les Bambara ou Ban-Mana, dont le nom signifie « ceux qui refusent d'être dominés », constituent l'ethnie la plus nombreuse du Mali (plus d'un tiers de la population du pays) et leur dialecte mandingue fait figure de langue véhiculaire autochtone, même si le français est aujourd'hui reconnu comme langue nationale. Leur zone d'implantation principale se situe dans l'ouest du pays, entre les régions de Ségou et de Niono (située dans le delta intérieur nigérien), dans le Bélédougou (au nord de Bamako) limitrophe de la zone sahélienne, dans le Kaarta entre Kita, Nioro et Koulikoro, plus à l'est dans la région de Sikasso. Le peuple bambara n'a jamais constitué une unité politique et se divise en plusieurs clans issus d'ancêtres mythiques. Ce sont les diverses régions que les Bambara occupaient - Ségou, le Bélédougou, le Kaarta, Bougouni - qui permettaient de les distinguer les uns des autres. Ils auraient, à l'origine, quitté la région du Ouassoulou, entre Sikasso et la Côte-d'Ivoire, pour échapper à la domination des Malinké, un épisode que perpétuerait leur nom (« ceux qui ont refusé d'être dominés »). Ils auraient atteint le Niger, dans la région de Ségou, vers le XIIe siècle, avant de créer là, deux siècles plus tard, une puissante principauté.
Ethnie Sarakollé
Les Sarakollé ou Soninké ont, comme les Dioula du nord de la Côte-d'Ivoire, une tradition de colporteurs qui ont longtemps sillonné, à l'époque pré coloniale, toutes les régions de l'ouest africain. Régions dans lesquelles ils ont été un vecteur de l'expansion musulmane, jusque dans la zone guinéenne, dans l'ouest du Fouta Djalon. Ils ont été les créateurs de l'antique empire du Ghana et comptent aujourd'hui pour près de 9 % de la population malienne. Du fait de leur histoire spécifique, ils apparaissent très dispersés sur l'ensemble du territoire. Ils sont cependant les plus nombreux dans la zone sahélienne, plus précisément dans la région limitrophe de la Mauritanie, dans les cercles de Yélimané, Nioro et Nara. À l'origine, ils seraient venus du nord, du Sahara berbère, ce que semble confirmer leur nom (séré-khollé signifiant « hommes blancs »). Les habitants d'Adouane, dans le nord de l'Adrar mauritanien, seraient (avec leur nom d'Assouanik devenu Soninké) leurs parents proches et l'hypothèse la plus probable fait d'eux le résultat d'un métissage entre Berbères Sanhadja et autochtones africains. C'est ainsi que se serait formé le peuple fondateur de l'ancien empire du Ghana. Ce que semblent confirmer des chroniqueurs arabes tels que Ibn Hawkal et El-Bekri. C'est à la suite de la destruction de l'empire du Ghana, fondé vers le VIe siècle de l'ère chrétienne et disparu au XIIe, que serait intervenue la dispersion des Sarakollé dans tout l'ouest africain.
Ethnie Sénoufo
Les Sénoufo et les Minianka sont considérés comme appartenant à la même ethnie, établie dans les régions de San, Koutiala et Sikasso, au contact des frontières de la Côte-d'Ivoire et du Burkina Faso. Ils représentent environ 10 % de la population malienne et occupent une région fertile bénéficiant d'un volume de précipitations satisfaisant. Animistes, les Senoufo rendent un culte aux ancêtres et aux nombreux esprits qui, selon eux peuplent le monde environnant. Comme pour les Dogon, les ethnologues ont retenu la richesse de leurs masques.
Ethnie Bobo
Les Bobo (environ 2 % de la population malienne) occupent un territoire partagé entre Burkina Faso et Mali, limité à l'est par la Volta Noire, à l'ouest par le Bani, affluent du Niger, au nord par les falaises de Bandiagara et au sud par les cercles de Koutiala et Sikasso. Ils auraient été refoulés dans leur habitat actuel par les Soninké et les Bambara.
Ethnie Songhai
Les Songhaï sont bien connus grâce aux précieuses sources de renseignements que sont les ouvrages arabes tels que le Tarikh es Soudan de Es-Sa'adi rédigé au XVIIe siècle et le Tarikh el Fettach, plus tardif, de Mohammed Kati. Les Songhaï représentent aujourd'hui environ 6 % de la population du Mali. La région qu'ils occupent est très précisément localisée dans la boucle du Niger, du lac Débo à la frontière de la république du Niger. Elle est partagée entre les ergs sahariens et la vallée du fleuve, mince ruban d'humidité et de fraîcheur où se concentre la majeure partie de la population, une zone favorable menacée au nord par la poussée du désert et au sud par la latérisation des sols. Selon la tradition, les ancêtres des Songhaï se seraient partagés entre des pêcheurs, les « maîtres de l'eau », des cultivateurs, les « maîtres de la terre » et des chasseurs, les « maîtres de la brousse » c'est-à-dire des étendues steppiques couvertes de cram-cram où ils allaient chercher le gibier. Ils sont à l'origine de l'empire de Gao qui s'imposa à la région à la fin de notre Moyen Âge avant d'être détruit en 1591, lors de la bataille de Tondibi, par le pacha marocain Djouder.
Le Kanaga
Ce type de masque appartient à la société awa et participe à des cérémonies pendant lesquelles un hommage est rendu aux morts (dama) ou lors de fêtes précédant des funérailles (bagabundo). Le masque Kanaga se caractérise par une superstructure en forme de double croix dont les traverses portent de petites planches dirigées vers le haut ou vers le bas (ciel, terre) qui symbolisent le crocodile et ses pattes. Le montant central peut être surmonté de formes abstraites, de touffes de fibres rouge (couleur sacrée chez les Dogon), de figures zoomorphes ou anthropomorphes.
Les masques qui représentent un oiseau sont les plus répandus (Kommolo tebu). Ils doivent soi disant leur origine à un chasseur légendaire qui, après avoir tué un oiseau de ce genre, prit modèle sur ce dernier pour confectionner le premier masque Kanaga. Les couleurs du masque (noir et blanc) s'inspirent de la couleur de l'oiseau.
Les masques Kanaga sont dansés en grand nombre ; les mouvements des danseurs sont censés rappeler les gestes du Dieu créateur "Amma" au moment de la création du monde. L'oiseau chez les Dogon est celui qui aurait amené la graine de l'arbre à palme : il est à l'origine de la vie (vie végétales; les Dogon lui doivent leur nourriture).

Le Satimbé
Le masque Satimbé est utilisé pour les cérémonies du Lébé (culte consacré à l'agriculture) appelées Bulu. Ces fêtes célèbrent le renouveau et le retour de la vie ; elles ont lieu au printemps lors de la saison des pluies.
les représentations au dessus du masque sont celle de Yasigi. Le Sigi est le prêtre qui va gérer les fêtes du Lébé.
Elle apporta l'eau de pluie sur terre à l'aide d'une cruche. Cette eau formant le premier lac et ainsi engendra la vie sur terre. Yasigi est donc très importante lors des rites agraire : c'est elle qui apporté l'eau à l'origine donc elle est sollicitée à chaque saison pour aider les nouvelles semailles et les prochaines récoltes. Cruche et cuillères sont souvent représentées étant certainement les ustensiles qui ont permis à Yasigi d'amener l'eau sur terre.
