Ethnie Bwa
Les Bwa vivent à l'Ouest du Burkina Faso et sont entourés à l'est par les Marka Dafing et à l'ouest par les Bobo. Au sud-est, on retrouve les ethnies regroupées sous le nom de "Gurunsi". Leur système politique est non centralisé comme chez les Kurumba par exemple. En outre, la société est divisée en trois " castes " endogames (on ne peut se marier à l'extérieur de la caste à laquelle on appartient) : les paysans, les forgerons et les griots (musiciens) qui remplissent des tâches spécifiques au sein de la communauté.
Le forgeron, outre sa connaissance du travail du métal, a la charge de creuser les puits et d'ensevelir les morts. Il est intimement lié à la terre et à la divinité Do, fils du dieu suprême Dobweni, envoyé auprès des hommes pour servir d'intermédiaire entre ces derniers et les forces de la nature. C. Roy note que Do est la source de la vie des plantes et la puissance qui donne aux hommes les fruits de leur travail aux champs. Le forgeron possède ainsi une place sociale particulière. Il peut jouer un rôle de médiateur dans un conflit et d'intermédiaire avec le monde surnaturel.
Le culte de Do constitue le ciment culturel qui fait des villages Bwa un groupe unifié. Les Bwa, tout comme les Bobo et les Marka Dafing utilisent des "masques en feuilles" qui recouvrent la totalité du corps du porteur, qui n'est absolument plus reconnaissable. Ce masque Bieni qui incarne la divinité Do est confectionné chez tous les Bwa. Il est vraiment un symbole de cohésion sociale. Les masques de bois, au contraire, ne sont utilisés que dans le sud par des Bwa proches des ethnies regroupées sous le terme de "Gurunsi". Leur signification concerne les mythes claniques et familiaux.
Masque à lame dit papillon - Musée de ManegaLes masques de bois représentent de nombreux animaux (antilope, phacochère, buffle sauvage, singe, crocodile, serpent, poisson, oiseau, insecte…), quelques humains (lépreux, fou et sa femme), ainsi que les esprits de la brousse aux formes surnaturelles. Ils se présentent soit sous la forme d'un masque facial (l'arrière de la tête du danseur est alors dissimulée par des fibres nouées en bordure du masque : des trous de fixation sont prévus à cet effet) sculpté de manière naturaliste en haut-relief, soit sous la forme dite "à planche", verticale ou horizontale, sculptée en plus bas-relief, avec une prédominance de motifs peints et gravés géométriques ou abstraits, si l'on se place du point de vue européen. Certains motifs se retrouvent sur les scarifications que portent aussi bien les hommes que les femmes : telle la croix en forme de "X" tatouée au milieu du front. Tous les motifs constituent le support d'un langage initiatique sur les symboles de Do et l'histoire des clans, accessible aux seuls initiés. 